Accepter de ne pas réussir à tout faire

Comme beaucoup, je suis assaillie par tout ce que je dois faire, au boulot comme à la maison. J’ai longtemps essayé de gagner en productivité. Je pensais que, si je n’arrivais pas à tout faire, c’était parce que je n’étais pas assez efficace, habile, disciplinée, organisée… Effectivement j’ai beaucoup progressé dans tous ces domaines et j’ai pu réaliser beaucoup de choses grâce à ce que j’ai appris. J’en suis d’ailleurs assez fière.

Je ne peux pas tout faire

Mais je n’ai pas réussi à tout faire. Jamais. À aucun moment, je n’ai pu dire : « Je suis à jour, je n’ai plus rien à faire, je peux souffler un moment sans culpabiliser ». Parce qu’il y a toujours autre chose à faire. Parce que chaque tâche que j’accomplis en amène trois nouvelles. Parce qu’il y a toujours plus à faire que ce que je suis capable de faire. J’ai mis longtemps à réaliser que ça ne vient pas de moi. Que ce n’est pas grave. Qu’il me faut fixer mes propres limites.

C’est une sorte de deuil. Celui de l’illusion du personnage parfait que je voulais devenir. Que je pensais que les autres voulaient que je devienne. Maintenant j’essaie de faire ce que je peux, du mieux que je peux. Et de sortir le reste de ma todo-list et de mon esprit. De ne pas penser que je suis « moins » pour autant. De ne pas me justifier. Et de ne pas culpabiliser. Je ne vous cache pas que cette dernière partie est la plus difficile.

Je pense que je ne suis pas la seule à en être là. L’enjeu, c’est donc de choisir ce qu’on fait, ce qu’on laisse. J’ai déjà apporté des pistes de réponses dans cet article. Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille d’y jeter un coup d’œil avant de continuer. Je veux ici aller plus loin en proposant 3 réflexions concrètes pour choisir les tâches qui comptent.

Les 80/20 marchent aussi pour les tâches

Le principe de Pareto (qui énonce que environ 80% des effets sont le produit de 20% des causes) peut s’appliquer à la gestion du temps. Par exemple, 20% des tâches occupent 80% du temps. Mais on est pas plus avancé sur leur utilité. En revanche, si on considère que 20% des tâches ont un impact significatif, on se rend bien compte qu’on arrive au cœur du problème. Se focaliser sur les autres 80% (souvent plus facile à mettre en œuvre…) peut nous occuper à plein, sans jamais dépasser les 20% de « valeur ». On peut être occupé, efficace, optimisé, organisé… si on est focalisé sur des tâches à faible « valeur », on avance pas tellement vers nos objectifs à long terme.

Il faut donc, non seulement choisir les tâches qui sont en corrélation avec nos objectifs à long terme, mais aussi sélectionner celles qui ont un impact significatif.

Étudier les conséquences

Pour chaque tâche, on peut se poser quelques questions pour cerner sa pertinence :

  • quelles seront les conséquences si je la réalise ?
  • quelles seront les conséquences si je ne la réalise pas ?

Si l’impact d’une tâche est faible et que ne pas la faire, a peu de conséquences, vous pouvez la rayer immédiatement et apprécier le soulagement obtenu. Si la réaliser ne fait pas avancer grand-chose, mais que ne pas la faire peut avoir des répercussions négatives que vous ne souhaitez pas affronter, avalez votre grenouille au plus vite pour passer à autre chose. Si l’impact de cette tâche est important, vous savez maintenant à quoi il faut vous activer pour faire la différence entre occupé et efficace !

Déléguer

Confronté(e) à une tâche, on peut également se demander :

  • Quelqu’un d’autre que moi peut-il réaliser cette tâche de façon acceptable ? Attention, pas forcément exactement comme je l’aurais faite…

On oublie parfois qu’on n’est pas seul(e) sur terre. D’autres personnes concernées par les tâches sur votre todo-list peuvent aussi s’impliquer. Je pense par exemple aux tâches domestiques et aux personnes qui partagent votre foyer. Pour les enfants, c’est une excellente occasion d’apprendre que le boulot ne se fait pas tout seul. Ils seront ainsi plus autonomes plus tard dans leur vie personnelle et professionnelle. En leur donnant ainsi des responsabilités, vous créez avec eux une relation de confiance qui les aident à renforcer leur estime de soi.

Il faut parfois revoir un peu son niveau d’exigence. Ce n’est pas toujours facile quand on est un peu maniaque ou perfectionniste. C’est justement l’occasion de relativiser un peu est de réfléchir à ce qui motive vos normes.

  • Quelles seraient les conséquences d’accepter un peu moins, un peu moins bien que le résultat que vous auriez vous même obtenu ?
  • Pouvez-vous faire avec en sachant que vous pouvez employer votre temps à des tâches significatives et que vous seul(e) pouvez réaliser ?

Choisir comment utiliser son temps choisi

Chaque matin ou quand on a un peu de temps choisi, on peut s’interroger :

  • Quelle tâche va générer le plus de « valeur » ?
  • Quelle tâche va me rapprocher le plus de mes objectifs à long terme ?

L’idée, c’est de se placer dans une perspective à long terme. Les objectifs que nous avons définis peuvent nous servir de guide, d’étalon. On peut ainsi filtrer les tâches selon leur adéquation avec ces objectifs, leur potentiel à faire avancer les choses.

  • Quel est le meilleur emploi de mon temps maintenant ?

Cette question est toute simple et pourtant elle est tout à faire redoutable et je pense qu’on évite souvent soigneusement de se la poser (je plaide coupable !). Elle nous amène tout de suite au cœur du problème et met le doigt sur notre plus vilaine grenouille.

Pendant quelques jours, essayez de vous la posez chaque fois que vous êtes libres de choisir votre occupation. N’oubliez pas que parfois la réponse peut être « débrancher mon cerveau et regarder Netflix ». Parce qu’on a besoin de ça aussi. Comme l’alcool, avec modération. Si cet article peut être utile à quelqu’un dans votre entourage, n’hésitez pas à le partager. Vous pouvez aussi laisser un commentaire. Pour être averti(e) quand un article est mis en ligne, inscrivez-vous à la newsletter.

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