Je suis assez

Dans mon tout premier article, je me suis présentée à la façon d’un kaléidoscope. J’ai essayé de vous montrer le plus de facettes possibles de ma personnalité, chacune de mes vies,  les rôles que j’assume. J’en ai certainement oublié plein. Certaines sont contradictoires et pourtant le tout constitue un être humain globalement sain d’esprit. Si chacun de mes proches dressait un portrait de moi, toutes ces descriptions seraient différentes.

Être plusieurs à la fois

Il en est de même pour chacun d’entre nous. Notre personnalité est vaste et complexe. Ses différents aspects se révèlent ou se dérobent selon l’environnement et la compagnie. Comme si les personnes que nous côtoyons et les rôles que nous jouons y apportaient un éclairage différent. On est parfois surpris quand on découvre une personne dans un autre cadre que celui dans lequel on la côtoie habituellement. On peut avoir l’impression d’avoir à faire à une personne différente. Ce n’est pas de la schizophrénie, mais plutôt l’adaptation de notre personnalité aux différentes situations. Nous avons tous plusieurs vies : en famille, au travail, dans nos activités… Dans chacune d’elles, notre personnalité est sollicitée différemment. Des compétences, des convictions, des sentiments différents sont en jeu et projettent l’image d’un personnage différent. Je suis convaincue que ces différentes modalités de notre être nous sont nécessaires car elles nous permettent d’exprimer une large gamme de sentiments. Elles nous donnent la possibilité de varier nos modes de relation avec les autres.

Il n’y a pas assez de moi

A chacune de nos facettes, chacune de vies, correspondent des attentes multiples : les nôtres, celles des êtres humains qui nous côtoient et celle de la société. Par exemple, en tant que Parent, on a  une idée de l’éducateur que nous voudrions être (juste, calme, compréhensif mais ferme, présent mais pas envahissant…). Nos enfants ont une vision très différente des parents idéaux (ceux des copains souvent). Notre conjoint a aussi des attentes sur notre rôle partagé (du soutien, une parfaite entente). De plus, la société véhicule tout un tas d’injonctions sur la parentalité (je ne vous fais pas une liste, on y trouve tout et son contraire…). Et enfin il y a le parent qu’on est. Qui cohabite avec tous les rôles qui nous jouons par ailleurs (conjoint, collègue de travail, employé, bénévole, sportif…). Avec toutes les injonctions contradictoires qui vont chacune de ces vies.

Le risque, c’est de se perdre en courant après des modèles illusoires, comme les mannequins « photoshopés » des magazines. De perdre de vue ce qui est important à nos yeux. D’avoir l’impression de ne pas être assez ceci ou cela. De ne pas être assez tout simplement, de ne pas suffire. C’est un sentiment que j’éprouve souvent en tout cas. Je me dis qu’il n’y a pas assez de moi pour être tout ce que je dois être et tout ce que j’ai envie d’être. Et souvent on se réduit à ce qu’on doit être, en laissant de côté ce à quoi on aspire. Les pans de notre personnalité les moins exposés socialement, s’éteignent, faute de temps et d’énergie à leur consacrer. C’est souvent notre part créative que l’on a des difficultés à laisser s’exprimer. Pourtant on ne peut pas exercer correctement son rôle de parent, si on sacrifie toutes ses passions pour passer chaque minute avec ses enfants. De même, on ne peut pas être trouver des solutions innovantes dans son travail, si on ne cultive pas sa créativité en dehors.

Faire des choix

Chaque facette de notre personnalité est précieuse, car elle porte une part de notre équilibre. Chacune doit pouvoir s’exprimer dans notre vie. Cela nécessite beaucoup d’attention. Il faut faire des choix, pas toujours très bien acceptés par notre entourage ou par la société. Et les remettre en question régulièrement. Parce que, comme à vélo,  cet équilibre est dynamique et en constant ajustement.

Parfois les traits de notre personnalité qui ne peuvent pas s’exprimer dans une sphère de notre vie, apparaissent dans une autre. J’ai longtemps pensé que j’étais la personne la moins créative qui soit. Et puis, en quelques années, je me suis mise à tricoter, puis à crocheter, à dessiner, à calligraphier, à écrire pour moi-même et pour les autres (ici !). Je réalise maintenant que ces nouvelles activités sont arrivées au fur et à mesure que mon travail s’est « mécanisé ». Au départ, j’avais assez de temps dans mon emploi pour créer des solutions et faire progresser l’entreprise. Mais cette part d’innovation a fini par quasiment disparaître au fil des années, érodée par la charge croissante du travail de routine. J’ai mis longtemps à considérer ma capacité à résoudre les problèmes comme une activité créative. Mais quand je n’ai plus trouvé de débouchés pour cette modalité de ma créativité, celle-ci s’est exprimée différemment.

J’ai eu beaucoup de difficultés à rédiger cet article. Je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce que je voulais vraiment dire. Et puis, en me baladant sur mes blogs favoris, je suis tombée sur cette image de Pretty Prints and Paper :

You are enough
https://prettyprintsandpaper.com/2016/09/15/free-printable-you-are-enough/

Et c’est exactement ce que je cherchais depuis des jours : je suis assez, je suffis. Vous êtes assez, vous suffisez. En anglais, c’est plus parlant. Je suis sûre que je ne suis pas la seule à avoir du mal à concilier tous mes rôles. A trouver de la place, du temps pour être tout ce que je suis tout ce que j’aspire à être. A quelle facette de votre personnalité voulez-vous faire de la place ?

Portez-vous bien,

Ernilie signature

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