La créativité n’est pas toujours là où on l’attend

Je me suis longtemps considérée comme la personne la moins créative du monde. Je n’ai jamais su dessiner, faire de la musique ou réaliser quoi que ce soit avec mes dix doigts. J’imaginais que la créativité, c’était inventer de choses totalement nouvelles à partir de rien. Ne m’en sentant pas capable, je ne me suis pas intéressée à tout ce qui, de près ou de loin, était étiqueté « créatif » ou qui demandait une certaine habileté. Évidemment, comme je ne me suis jamais investie dans de telles activités, j’étais effectivement très mauvaise quand elles m’étaient imposées. Bref, un bel exemple de croyance limitante…

Une rencontre fortuite avec une paire d’aiguilles

Il y a deux ans à peine, je me suis mise à tricoter, un peu par hasard. Ma fille avait envie d’apprendre. Le Père Noël s’était chargé de fournir le matériel et un bouquin avec quelques explications. Mais les instructions n’étaient pas suffisamment claires. De fil en aiguille (c’est le cas de le dire !), je me suis retrouvée à apprendre moi-même à tricoter pour pouvoir ensuite donner des explications adaptées à ma gamine.

Et, curieusement, ça m’a plu et j’ai continué. Avec le recul, je crois que le tricot a été pour moi une sorte de révélation : je pouvais faire quelque chose de joli et plutôt compliqué avec mes petites mains. Ça m’a amenée à reconsidérer complètement ce dont je pensais être capable et à explorer cette nouvelle facette de ma personnalité.

Une définition plus large

Chacun a sa propre idée sur la créativité et il n’y a pas de définition consensuelle. J’aime bien celle de Wikipédia qui la décrit comme :

La capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème.

Cet article cite de nombreuses formes de créativité : artistique (bien sûr), de design, architecturale, territoriale, stratégique, scientifique, organisationnelle, sociale, littéraire, pratique, mathématique…

Je ne l’avais jamais associé la résolution de problèmes à la créativité. J’étais comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. Pendant toutes mes études scientifiques, je résolvais des problèmes et j’étais créative. Dans mon travail, quand je trouvais le meilleur compromis dans mon planning, j’étais créative.

Création vs inspiration

La création « ex-nihilo », qui invente totalement à partir de rien, est très rare. Le processus créatif s’appuie, au contraire, le plus souvent sur des éléments existants : inspiration, réinterprétation, association, détournement… Pour stimuler sa créativité, il est ainsi primordial de varier ses sources d’inspiration, de multiplier les expériences, les rencontres… Bref de s’ouvrir à ce qui nous entoure.

Nous avons déjà évoqué le rôle de la pensée diffuse dans la créativité. Elle permet de changer de point de vue, de brasser toutes ces influences, les associer et les recombiner, dans un processus inconscient. Il faut ensuite en quelque sorte donner à ces intuitions une forme qui permettra de les diffuser et qui dépend de la sensibilité de chacun.

Le frein du conformisme

Dans la définition de Wikipédia que j’ai citée plus haut, je trouve intéressante également la mention de la collectivité. La créativité n’est pas seulement une capacité individuelle. Elle peut être stimulée ou freinée par le groupe. Dans notre société, la créativité et l’innovation sont, dans les discours, encouragées, voire érigées en vertus cardinales.

Pourtant, la pression sociale effective est fondamentalement conformiste et le changement est souvent mal perçu ou carrément rejeté. Il s’opère donc chez beaucoup une forme d’autocensure. On a tendance à éviter d’explorer notre potentiel par peur du jugement, du ridicule.

L’humour, l’amusement, le jeu peuvent être des moyens de contourner le risque de critiques. Ils apportent une certaine légèreté qui permet d’exprimer sa créativité sans s’exposer. D’ailleurs, les travaux du Dr Tamlin Conner montrent le cercle vertueux qui existe entre la créativité et un état d’esprit positif. En effet, quand on réalise une activité créative, on ressent le lendemain un regain de positivité qui conduit à son tour à une augmentation de la créativité.

Bref, soyez créatif pour voir la vie en rose ! Et vous, en quoi êtes-vous créatif(ve) ? Avez-vous découvert votre créativité dès l’enfance ou plus tard ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous ou un petit mot sur Facebook. Abonnez-vous à la newsletter pour être averti à chaque nouvelle parution sur le blog.

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Ernilie signature

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One Reply to “La créativité n’est pas toujours là où on l’attend”

  1.  » J’imaginais que la créativité, c’était inventer de choses totalement nouvelles à partir de rien.  »

    Je pense que beaucoup de personnes ont cette idée fausse de la créativité. Cette idée que la créativité doit entièrement venir de nous et doit venir toute seule, c’est un frein non seulement pour se lance, mais également pour l’apprentissage. Je me suis longtemps trainé cette idée (inculquée par ma famille) que mon dessin devait venir de moi sans aide, que prendre des cours ou faire des exercices techniques risquait d’effacer tout ce qui allait être personnel, qu’utiliser des références était tricher. Beaucoup de gens pensent comme ça, surtout en France où l’apprentissage des arts plastiques est complètement dépourvu de contenu technique, où tout ce qui est technique est perçu comme inférieur à ce qui est purement intellectuel. Pourtant il ne viendrait à l’idée de personne de composer de la musique sans apprendre à jouer d’un instrument !

    Et le jugement extérieur est une plaie aussi, oui. Et pourtant indispensable pour maintenir une motivation, parce qu’à moins d’avoir une volonté de fer c’est difficile de s’investir beaucoup dans une activité qu’on garde secrète ou sur laquelle on n’a pas de bons retours (ou que des retours polis).
    Mais le plus important, quand même, c’est le plaisir et l’épanouissement qu’on en retire 🙂

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