Lancez-vous !

N’essayez pas !

La sagesse peut parfois nous arriver par des voies inattendues. La citation d’aujourd’hui est tirée de Star Wars, épisode V : L’Empire contre-attaque (1980). Maître Yoda tente d’apprendre à Luke Skywalker à maîtriser la Force :

N’essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! Il n’y a pas d’essai.

En V.O., ça donne :

Try not. Do… or do not. There is no try.

 

Essayer, c’est faire la moitié du chemin. Ne pas y croire vraiment. Ne pas s’engager complètement. C’est aussi ce qu’on dit quand on n’a pas l’intention de faire quelque chose : « Oui, oui, je vais essayer. » C’est moins compliqué que de dire non. Dans nos projets, c’est la peur de l’échec, le manque de confiance qui nous empêchent de se donner à fond. Si on se dit « J’essaie », le doute occupe notre esprit, plutôt que le projet lui-même. Pourquoi ne pas plutôt utiliser notre énergie à créer les conditions du succès ? C’est une question d’état d’esprit, un choix que nous devons faire consciemment.

 

Ne craignez pas l’échec !

Même si c’est souvent un mauvais moment à passer qui amène doute et remise en question. Un projet est-il un échec parce qu’il ne nous a pas mené à la destination prévue ? Tout d’abord, le chemin parcouru permet d’acquérir des connaissances ou des compétences, de rencontrer des gens, d’apprendre sur nous-même… D’apprendre aussi qu’on peut survivre à l’échec et bien souvent en sortir grandi. Finalement l’échec n’existe que si on ne tire pas de leçons de l’expérience vécue. Souvent on peut aussi trouver en chemin des gains inattendus. C’est la sérendipité (oui, je sais, on peut oublier ce nom, y a pas moyen de mettre les syllabes dans l’ordre) : obtenir, souvent par inadvertance, un bénéfice fortuit en cherchant autre chose. L’exemple le plus connu est certainement la (re)découverte de l’Amérique par Christophe Colomb qui cherchait en fait à rallier les Indes par l’ouest.

 

N’attendez pas le bon moment !

Évidemment, il faut préparer le projet. Une bonne préparation, c’est une dose de confiance en plus. Quand on sait qu’on a fait les choses comme elles doivent être faites, on a moins peur. Mais parfois, on se prépare, on se prépare… et on se prépare ! Les circonstances ne semblent jamais réunies pour sauter le pas. Dans ces cas-là, il faut s’interroger sur les raisons de ce sur-place. Le temps a passé depuis la première et il arrive que nos désirs ont changé. C’est difficile à admettre quand la concrétisation d’un projet est à portée de la main. D’autant plus qu’ on a travaillé dur pour arriver jusque là. Alors, pour sauver notre santé mentale, inconsciemment, on s’invente des raisons pour repousser le moment de passer à l’action.

Je suis sûre que vous avez entendu des amis dire : « Ce n’est pas le bon moment pour avoir des enfants, parce que < insérez ici tout un tas de raisons parfaitement valables >. » Soyons réalistes, il n’existe pas de bon moment pour passer ses nuits debout avec un machin qui hurle à tue-tête. Si le désir d’avoir des enfants n’est pas réel, on peut toujours trouver autant d’excuses tout à fait réalistes que nécessaire. Heureusement pour la survie de l’espèce, le cerveau humain n’est pas toujours très rationnel.

J’ai un exemple de première main. Avec mon homme, bien avant d’avoir des enfants, nous imaginions ensemble une grande famille, avec 3 enfants au moins. Nous avons eu un premier enfant, puis un second. Nous revendiquions toujours cette envie de ne pas s’arrêter là. Ou alors on n’a pas vraiment pris la peine de réévaluer notre désir… Nous avions des projets, une maison en construction (avec une chambre de plus)… Le bébé serait pour plus tard, quand la maison serait finie. Ça nous a pris trois ans. Et puis on a emménagé dans la nouvelle maison avec nos 2 enfants. Nous étions arrivés au bout de toutes les conditions que nous nous étions fixées. C’était le bon moment. Mais au moment de se lancer, on s’est rendu compte que ce désir n’était plus là. Qu’on était bien à quatre. Et on s’est dit que notre famille allait peut-être rester comme ça. Ce troisième enfant est finalement né deux ans après. Le désir était revenu.

 

Osez !

Nous vivons dans une société qui a banni le risque. La vie est considérée comme une aventure dangereuse. Il n’y a qu’à regarder tous les panneaux indiquant des dangers tout autour de nous. Notre petit dernier s’est récemment pris de passion pour les panneaux d’interdiction. Pendant nos vacances, il fallait s’arrêter devant chaque pictogramme barré d’un trait rouge pour expliquer de quoi il s’assagissait : interdiction de fumer, entrée interdite aux chiens, sol glissant… Il est très frappant de constater qu’il n’y a pas moyen de faire quelques mètres dans la rue sans en voir plusieurs. Et en lisant ces panneaux avec nos enfants nous leur transmettons inconsciemment la peur d’un monde plein de périls. Il faut du courage pour sortir de sa bulle de sécurité bien connue et balisée. Pourtant on n’accomplit pas grand-chose en restant dans sa zone de confort.

« Quand on a envie de faire un truc, il faut plonger comme un fou et le faire. Quitte à se tromper. Je préfère me tromper. Je préfère plonger. Et je plonge. »

Jacques Brel, Entretien avec Henri Lemaire à Knokke en 1971

Lancez-vous !

May the Force be with you 🙂

Portez-vous bien !

Ernilie signatureavec l’aide toujours efficace de « M. Ernilie », merci à lui 🙂

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9 Replies to “Lancez-vous !”

  1. Oser c’est ne pas se scléroser, c’est doser chaque avancée, c’est atteindre la gnose , la connaissance de soi… Osez !

    1. La connaissance de soi, on va en reparle bientôt. C’est au programme d’un prochain article.

  2. Moi la dernière fois que j’ai essayé de me lancer, je me suis fais un tour de rein. C’est que je suis lourd, en fait !
    Sinon, moins zouaviquement, j’ai particulièrement aimé ton paragraphe sur l’échec. Nos enfants me semblent vivre dans une société tellement basée sur l’image, que l’échec représente une tragédie pour eux. C’est dur de leur apprendre que l’échec n’est pas forcément grave.

    1. Oui, c’est une ligne difficile à trouver entre exigence et dédramatisation de l’échec.

  3. C’est vrai qu’en y pensant, c’est fou comme les mots peuvent influer sur nos actes:entre « j’essaie » et « je fais ». On n’y met pas la même intention, la même énergie.
    Rien qu’en imaginant changer ce premier mot en parlant de mes projets, ca les rend tout de suite plus concret!
    Merci 🙂

    1. Ravie d’avoir été utile !

  4. Ben moi je me dis souvent que je vais essayer, et qu’on verra bien ce que ça donnera. Je refuse toute sorte de pression, je déteste ça… c’est ma façon à moi j’imagine de ne pas avoir peur de l’échec – vu que je ne me fixe pas d’objectif de réussite. Je planifie très peu. J’essaie, j’y vais à l’envie et à l’instinct, j’essaie de saisir les opportunités quand elles se présentent, et je vois ce qui se passe… j’aime bien être surprise.

    Bref je ne suis pas sûre d’être d’accord avec tout ce que tu dis même si au final on se recoupe sur pas mal de conclusions 🙂

    1. Coucou Aurélie,
      Merci pour ton commentaire.
      On arrive au débat bon stress/mauvais stress. Pour être sûres de parler le même langage, je considère que la pression est une force extérieure et que le stress est plutôt une pression qu’on se met à soi-même. Je pense que tout est une question de dosage. Une saine dose de stress nous fait avancer, un excès nous paralyse. Pour utiliser un exemple personnel, je veux publier 2 articles par semaine ici. Si je commence à me dire que je vais essayer, dans un mois je sortirai un article tous les 15 jours… C’est certainement une question de personnalité.

  5. Oui je pense qu’il y a en effet une question de personnalité. Je suis plutôt du genre à me tétaniser si je vois d’un coup la totalité d’une montagne à franchir, mais à réussir à la franchir sans problème si je ne vois que 10 mètres à la fois (on en vient à la grenouille 😉 ). Je dessine beaucoup plus depuis que je ne me fixe plus d’objectif, par exemple.
    Le tout est que chacun trouve sa méthode pour réussir à avancer 🙂

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