Manger des grenouilles

Les grenouilles et moi, c’est tout une histoire. C’était mon surnom de gameuse il y a quelques années, après la rencontre de mon personnage fétiche avec un chaman lanceur de métamorphoses en batracien. Il y a aussi cette fable de la grenouille qui me parle beaucoup et dont j’ai fait l’un des tous premiers articles du blog. Et puis il y a une technique d’organisation que j’utilise beaucoup : « Eat that frog ! » de Brian Tracy (le titre est traduit par « Avalez le crapaud » en français). Brian Tracy s’est inspiré d’une citation de Mark Twain :

If you eat a frog first thing in the morning that will probably be the worst thing you do all day.

Ce qu’on pourrait traduire par :

Si vous mangez une grenouille dès le réveil, ce sera probablement la pire chose que vous ferez de toute la journée.

Ces tâches qui n’avancent pas

Tous les jours, nous avons bien plus de choses à faire que ce que nous pouvons réaliser. Et quand on risque de commencer à s’ennuyer, on s’invente bien vite des tâches qui nous semblent soudain primordiales. Je crois que le cerveau humain aime vivre sous la tyrannie de la to-do list !  On s’active toute la journée, on fait mille choses utiles ou futiles. Mais il y a des tâches qui ne trouvent jamais leur place dans notre emploi du temps. Et pourtant, certaines d’entre elles nous permettraient de faire de grands pas vers la réalisation de nos objectifs. On s’en rend bien compte, mais on n’arrive pas à s’y mettre. Ce sont les tâches que l’on migre de mois en mois dans son Bullet Journal.

Ces tâches nous inspirent des sentiments négatifs : peur (d’échouer), ennui, honte (de ne pas l’avoir fait plus tôt)… Notre cerveau ne gère pas trop bien l’inconfort. Alors, chaque fois qu’on a une occasion de s’atteler à ces problèmes, il trouve quelque chose de plus facile à faire. On se retrouve à surfer sur internet ou à faire une tâche insignifiante qui nous paraît indispensable sur le moment. On est occupé, donc on a l’impression de progresser. Et ces tâches que l’on esquive deviennent des grenouilles, toujours plus grosses et laides à chaque fois qu’on les regarde. Toujours plus difficiles à avaler. Repoussées à un futur de plus en plus hypothétique.

La plus laide des grenouilles

La solution proposée par Mark Twain et de Brian Tracy, c’est de manger ses grenouilles au petit déjeuner. De s’attaquer à ces tâches difficiles avant toutes les autres. Le matin, si c’est possible, pour profiter du moment où notre énergie est à son sommet, sinon au premier instant que l’on maîtrise dans son emploi. S’il y a plusieurs grenouilles au programme le même matin, il faut commencer par la plus laide, la plus difficile à avaler. Comme dit Mark Twain, tout ce qui reste à faire après est forcément plus facile. Une fois qu’on a commencé, il faut continuer jusqu’à ce que la grenouille soit complètement avalée. Il peut être très utile pour cela de couper toutes les sources de distraction : téléphone, mail, réseaux sociaux… Évidemment, si la tâche est trop longue à réaliser, on peut la découper en étapes et avaler une tranche de grenouille chaque matin pendant quelques jours. Ou d’avancer d’un pomodoro (encore une technique dont j’ai envie de vous parler) chaque matin jusqu’à la fin de la tâche.

L’idée derrière cette image de la grenouille ou du crapaud, c’est aussi de choisir les activités les plus significatives. Celles qui auront le plus d’impact et qui nous permettront de progresser vers nos objectifs. Et de les exécuter en priorité quels que soient les sentiments qu’elles nous inspirent. C’est un choix qui demande beaucoup d’attention et de sélectivité. On a toujours tendance à préférer les tâches plus faciles et il faut lutter contre cette pente naturelle.

En faire une habitude

On a tendance à attendre d’avoir fini de s’occuper de toutes les tâches quotidiennes, avant de commencer à se demander ce qu’on peut faire pour créer le changement que l’on souhaite. Si on attend d’avoir le temps, on a toutes les chances de mourir de vieillesse avant d’avoir mis en œuvre quoi que ce soit. En revanche, si chaque matin on commence par ce qui compte, si on crée un rituel, une habitude autour de cette technique, on a beaucoup plus de chance de parvenir à changer sa vie significativement en peu de temps. Et on arrivera quand même à faire le reste, parce qu’on sera forcément plus sélectif avec le temps qui reste. On abandonnera peut-être certaines tâches en découvrant que finalement personne ne va mourir si les draps ne sont pas repassés ou si les chaussettes sont rangées en vrac plutôt que pliées par paire (je vis sous la tyrannie du lave-linge, ça se voit !). Ce cheminement m’amène sur une notion dont j’ai envie de vous parler dans un futur article : le minimalisme appliqué au temps, le fait de relativiser l’importance de toutes ces tâches qui occupent nos journées, pour finalement être efficace plutôt qu’occupé.

L’effet le plus impressionnant quand on commence à utiliser cette technique, c’est la confiance en soi qu’on y gagne. Comme on fait les choses significatives en priorité, même si elles sont difficiles, on en retire le plaisir du devoir accompli et ce petit rush d’endorphine qui peut devenir une certaine addiction.  Méfiez-vous, vous pourriez vous mettre à aimer avaler des grenouilles au petit déjeuner.

Portez-vous bien,

Ernilie signature

 

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7 Replies to “Manger des grenouilles”

  1. Il faut que je fasse lire cet article à mes élèves !

  2. Coucou « Ernilie » !
    J’aime beaucoup cet article, l’analogie avec les grenouilles est bien marrante.
    Et justement, je te laisse : je dois aller manger les miennes, de grenouilles 🙂

    Mac Lambert

    1. Merci, Major, pour votre commentaire. Bon appétit !

  3. « être efficace plutôt qu’occupé » cette phrase m’est resté en tête et m’aide à rompre ce cercle infernal où je m’occupe pour masquer mes tâches prioritaires, et au final je n’ai aucune satisfaction car je vois que je n’avance pas dans les choses essentielles, donc je me dévalorise et j’ose de moins en moins faire ces tâches prioritaires parcequ’elles me font de plus en plus peur etc etc .

    Alors qu’avaler des grenouilles dès le matin, c’est vrai, ça rebooste la confiance en soi!!

    Merci pour ça 🙂

    1. Bonjour Nonam(e),
      Je suis vraiment heureuse que cet article te soit utile. On va reparle de choisir ses grenouilles dans un prochain article. Bonne chance dans tes projets !

  4. Commencer toujours par la tâche la plus ardue est une bonne stratégie, efficace, simple et nous aide à aller plus loin, plus vite, plus haut. D’ailleurs, la grenouille n’a t’elle pas aussi cette particularité de sauter haut et loin, dans ce cas reste difficilement rattrapable !
    Merci Ernilie pour ton article !

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