Mieux apprendre en exploitant intelligemment le fonctionnement de notre mémoire

Apprendre n’est pas réservé aux écoliers et aux étudiants. C’est un plaisir de toute la vie et une capacité à entretenir au fil des ans par la pratique. C’est également une façon de retarder le vieillissement du cerveau et les maladies qui y sont associées. Que vous soyez étudiant, parent ou tout simplement curieux et avide d’apprendre, apprendre plus facilement peut vous permettre de gagner du temps et d’éviter la frustration souvent engendrée par les méthodes traditionnelles d’apprentissage (qui se résument souvent à la relecture compulsive…).

Dans un article précédent, on a parlé des différents modes de pensée et de la façon dont on peut les utiliser pour être plus créatif et résoudre plus efficacement des problèmes. En m’appuyant à nouveau sur l’excellent bouquin de Barbara Oakley A Mind For Numbers, je vais vous présenter ici comment les connaissances sur le fonctionnement de la mémoire peuvent nous aider à apprendre plus facilement.

Travailler en mode concentré…

Avant de se lancer dans une première lecture du contenu que vous souhaitez apprendre (on va dire « cours » pour plus de simplicité, même s’il peut prendre de nombreuses formes), je vous conseille de commencer par étudier avec attention le sommaire ou le plan. Cela permet de commencer à se concentrer sur le sujet et d’en appréhender la structure. Le cerveau prépare en quelque sorte les cases qu’il va bientôt commencer à remplir.

La première lecture du cours a une double finalité. La première est de mettre en évidence l’enchaînement des idées. La seconde est de vérifier que chaque point est bien compris. Si ce n’est pas le cas, il faut prendre le temps de s’imprégner du problème. N’hésitez pas à chercher d’autres façons de l’aborder. Souvent une explication différente, une nouvelle métaphore permet de donner un autre point de vue et de contourner le blocage.

… et activer sa mémoire de travail

Dans cette phase de mode de pensée concentrée, c’est la mémoire de travail qui est impliquée. Elle correspond à la RAM d’un ordinateur. Consciente et immédiate, elle traite des informations dont on a besoin dans l’instant pour comprendre, raisonner et créer des liens. A la façon d’un jongleur, elle ne peut manipuler qu’un nombre limité d’informations : plus ou moins 4 seulement à la fois (ce qui implique que, contrairement à la légende urbaine, ni les hommes, ni les femmes, ne sont réellement câblés pour être multi-tâches…).

Une autre caractéristique importante de la mémoire de travail est qu’elle consomme pas mal d’énergie mentale pour jongler, pour maintenir les informations à disposition du cerveau. Ainsi si on veut retenir un numéro de téléphone quelques minutes, il faut faire un effort conscient pour s’en souvenir et le répéter régulièrement. Il convient donc de ne pas l’encombrer avec des informations que l’on peut noter ou oublier…

Ceci explique donc que, comme on l’a déjà évoqué, on ne peut pas se concentrer sur des périodes très longues. La frustration et la colère sont des signes à surveiller. S’acharner ne peut alors conduire qu’au sentiment d’échec et au découragement. Ces alertes signifient que le cerveau fatigue et qu’il convient de passer à autre chose, sans culpabilité.

Pérenniser les apprentissages grâce à la mémoire à long terme

Comme son nom l’indique, il s’agit de la mémoire où sont stockées les informations destinées à s’ancrer dans notre cerveau. Elle fonctionne à la manière d’un entrepôt de stockage. Ce qui y est arrivé récemment ou qui est régulièrement utilisé est facile à retrouver. Le reste a tendance à s’entasser et à être plus difficilement accessible. Cette mémoire correspond au disque dur de l’ordinateur.

C’est la répétition qui permet à une information de passer de la mémoire de travail à la mémoire à long terme. On apprend ainsi sans s’en rendre compte les paroles d’une chanson si on l’entend plusieurs fois. Et on les retiendra encore plus facilement si ces écoutes sont espacées chacune d’au moins un jour. C’est beaucoup plus efficace que de passer la chanson en boucle pendant des heures.

Dormir pour apprendre

En effet, si on laisse passer une nuit entre 2 lectures du même cours, le sommeil va pouvoir jouer plusieurs rôles dans l’apprentissage. Tout d’abord, l’esprit fait le tri des informations accumulées dans la journée : il oublie ce qui est perçu comme trivial (il est inutile de se souvenir toute sa vie de chaque repas que l’on a mangé…) et retient ce qui important.

Ce processus permet également de revisiter ces informations sélectionnées pour créer les circuits neuronaux qui vont permettre de les retenir dans la durée. La désactivation de la personnalité pendant le sommeil libère l’esprit qui peut ainsi se consacrer davantage à ces tâches que pendant la veille.

On a également déjà évoqué le lien entre le sommeil et la pensée diffuse. Elle contribue à créer des associations entre les nouvelles informations et les informations déjà emmagasinées par la mémoire. Ces liens sont primordiaux pour avoir une vue d’ensemble et créer des raisonnements.

Enfin, le sommeil permet au cerveau de se débarrasser des toxines qui s’accumulent dans le cerveau pendant la veille. Sans un sommeil suffisant et de bonne qualité, les toxines empêchent le cerveau de fonctionner à son plein potentiel, le raisonnement et la mémoire sont altérés.

Des répétitions espacées

Pour que le contenu qu’on souhaite apprendre s’ancre dans la mémoire à long terme, la répétition est primordiale. Il faut privilégier d’abord des intervalles d’un jour pour bénéficier des bienfaits du sommeil. Idéalement, les 3 ou 4 premières répétitions doit être espacées chacune d’une journée, puis on peut éloigner les révisions progressivement. On comprend ainsi mieux pourquoi il n’est pas très efficace de commencer à réviser la veille d’un examen. C’est dès le premier cours qu’il faut commencer à travailler pour un apprentissage durable.

L’apprentissage est un sujet qui me tient à cœur et j’ai encore plein de techniques et d’astuces à partager. Nous y reviendrons dans de prochains articles. Si ce billet vous a plu et vous paraît utile, n’hésitez pas à le partager ou à laisser un commentaire. Pour être averti(e) de la parution des prochains articles, inscrivez-vous à la newsletter.

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