Mon corps me parle

Parfois notre corps nous rappelle que nous ne pouvons rien faire sans lui et c’est cette réalité qui s’impose à moi aujourd’hui. Je suis globalement en bonne santé, mais j’ai plusieurs pathologies bénignes, pas toujours faciles à gérer au quotidien. Je traverse en ce moment une période d’hypothyroïdie. C’est la troisième depuis le mois de mars. Ce n’est pas très agréable : fatigue, mauvaise humeur, déprime, essoufflement, tendance à prendre des kilos… Que du bonheur ! Mais je sais maintenant détecter cette situation et réagir quand elle intervient. Parce que je sais quels signes doivent m’alerter. Je commence à me poser des questions quand plusieurs de ces indicateurs sont présents en même temps et sur plusieurs semaines.

Cela me donne l’occasion de vous parler de notre corps et de la façon dont il nous parle. Je vais vous raconter comment, dans d’autres circonstances, j’ai appris à la dure à respecter mon organisme.

Un corps à rude épreuve

Nous avons presque tous des habitudes qui malmènent nos rythmes et nos besoins biologiques. Nous ne dormons pas assez, nous mangeons trop ou mal voire les deux, nous laissons le stress envahir nos vies, nous faisons trop de sport ou pas assez… Nous avons l’impression que notre corps est indestructible, une sorte de machine que l’on peut utiliser sans se préoccuper de ses limites.

Pour ma part, sans être obèse loin de là, j’ai longtemps intoxiqué mon corps avec une alimentation trop riche et trop abondante. Les kilos s’entassaient, année après, sans que j’arrive à endiguer cette prise de poids. Mon rapport à la nourriture était (est toujours, dans une moindre mesure) assez perturbé : je ne mangeais pas pour satisfaire les besoins de mon organisme, mais ceux de mes émotions. Les sensations de faim et de satiété ne jouaient pas leur rôle de signaux pour m’indiquer quand manger et quand s’arrêter. D’ailleurs, j’ai l’impression que c’est un problème assez commun (si le sujet vous intéresse, on peut en reparler).

Un corps qui parle

Notre corps nous envoie des signaux quand il est malmené : douleurs, fatigue,  maladies chroniques, dépression… Les symptômes arrivent souvent progressivement et peuvent rester longtemps en dessous du niveau du radar de notre conscience. On s’y adapte presque sans s’en rendre compte : en changeant sa posture pour soulager un dos douloureux par exemple. La situation se dégrade progressivement et on ne réagit seulement quand elle n’est plus tolérable, comme les grenouilles d’un article précédent.

Dans mon cas, cela s’est traduit par de l’urticaire chronique. Mais pas deux ou trois boutons, un truc énorme avec des plaques de la tête aux pieds. J’avais des bleus et des œdèmes partout si je me grattais. Ou plutôt quand je me grattais, parce que ça finissait toujours par arriver). Ça a duré des mois et des mois. Je vous garantis que c’est, tout à la fois, une épreuve physique et un sacré challenge pour la santé mentale.

Écouter son corps

On ne prend pas souvent la peine de se connecter à ses sensations corporelles. La méditation peut être un excellent moyen d’y parvenir en créant l’espace nécessaire dans notre esprit. On gagnerait beaucoup à détecter tôt les signaux de mal-être pour réagir le plus tôt possible.

J’aurai pu éviter des mois de galère. En étant plus attentive aux signes qui annonçait l’urticaire chronique : petits œdèmes, plaques isolées… En n’entrant pas dans la logique : « ce n’est rien, ça va passer ».

Trouver le coupable

Quand notre corps nous alerte, je suis maintenant convaincue qu’il faut se demander ce qui, dans nos habitudes ou dans notre environnement, peut expliquer les symptômes. ils sont souvent multifactoriels et donc difficiles à interpréter. Il ne faut donc pas hésiter à multiplier les sources d’informations, prendre plusieurs avis. Bien sûr, la médecine conventionnelle, mais il ne faut pas négliger les autres pistes, selon votre sensibilité.

Pour traiter mon urticaire, les médecins ont commencé par me prescrire des antihistaminiques à dose de cheval. Leur efficacité était toute relative et les effets secondaires assez importants. J’ai ensuite vu plusieurs spécialistes et praticiens de médecines alternatives et, en fin de compte, une chose s’est imposée : je devais perdre du poids et soulager mon foie.

Changer sa vie

Il est difficile d’admettre que la façon dont nous vivons peut affecter notre corps. Et plus encore que nous devons nous adapter à ses besoins. Malgré les difficultés, nous sommes toujours tenté(e) de passer outre les signaux que notre corps nous envoient. Et pourtant c’est souvent en changeant, parfois radicalement, notre façon de vivre que nous pouvons résoudre ces difficultés. Cela demande du courage, mais « nécessité fait loi ».

Pour moi, le plus difficile a été d’admettre la situation, c’est-à-dire que mon alimentation hors de contrôle ruinait ma qualité de vie. Ensuite, la décision a été vite prise. J’ai réduit de façon assez importante la quantité de chaque repas tout en continuant à manger ce que j’aimais. J’ai ainsi perdu 15 kilos en un peu plus d’un an, mais surtout l’urticaire a disparu très rapidement, après quelques semaines.

Aujourd’hui je m’interroge sur la signification de cette nouvelle crise d’hypothyroïdie. Il s’agit d’une maladie auto-immune (comme la forme d’urticaire que j’ai expérimenté d’ailleurs). Cela signifie que son déclenchement peut être lié à un contexte émotionnel. Je vais bien sûr adapter mon traitement selon l’avis de mon endocrinologue. Mais je soupçonne que mon rythme de vie contribue à ces crises à répétition. Avec un boulot à responsabilité et trois enfants à la maison, j’ai décidé qu’il était temps de réduire mon temps de travail. Ça devrait être effectif à la fin de l’année. Nous verrons dans quelques mois si cela aura suffi à améliorer la situation. Je ne manquerai pas de vous en reparler.

Je voudrais ajouter un petit mot. Je ne me plains pas (enfin j’essaie). Mes problèmes, je les connais bien et aucun n’est grave. J’ai bien conscience que je suis privilégiée de jouir d’une bonne santé globale.

Portez-vous bien,

Ernilie signature

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One Reply to “Mon corps me parle”

  1.  »Tout ce qui ne nous détruit pas nous rend plus fort  »
    Rosie Bruston
    L’épreuve nous enseigne beaucoup de choses, Avoir une conscience propriosceptive de son corps permet d’être à l’écoute des signaux qu’il émet et d’agir en conséquence. Le déni est le pire des ennemis, sournois, insidieux, il nous enferme dans une prison dont il est difficile de sortir.
    Bravo pour ton courage, ta détermination, et l’écoute attentive de ces signaux. Très heureuse de tes projets ! Et bravo pour ce Blog !

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