Mon rapport compliqué avec le temps

Ce blog est, pour moi, un incroyable outil pour réfléchir et prendre du recul. Écrire me pousse à élargir et à approfondir les sujets qui m’intéressent. Quand je relis la liste des articles que j’ai publiés depuis début septembre, je constate qu’il y a un thème sous-jacent qui relie une grande partie de ce que j’écris : le temps. Et ce n’est vraiment ni un hasard, ni une surprise : le temps est mon meilleur ennemi. Cet article, tout comme celui sur ma démarche naissante vers le minimalisme, apportera un éclairage plus personnel sur ce que vous pouvez lire ici.

Du temps contraint…

J’ai un boulot avec pas mal de responsabilités et, même si je ne fais pas autant d’heures qu’à une époque, il occupe bien mes journées. J’ai 3 chouettes enfants, une maison dans laquelle je me sens bien et un beau jardin. Je délègue un peu d’intendance, mais il en reste suffisamment pour occuper les débuts de matinées et de soirée et une grande partie des week-ends.

Tout cela constitue mon temps « contraint », sur lequel je n’ai pas une grande prise. Pour l’instant, on ne pourrait pas se passer d’une grande partie de mon salaire sans mettre en péril ce que nous avons passé des années à construire : un revenu suffisant pour assurer un train de vie confortable et préparer sérieusement l’avenir de notre famille. Et à moins de vendre mes gosses, je ne vois pas comment échapper aux corvées de pliage de chaussettes…

Et du temps choisi

Il ne me reste donc pas beaucoup de temps « choisi ». Il faut donc trouver des compromis pour y caser ce dont j’ai besoin ou envie. Évidemment ma famille et mon couple prennent une place prépondérante dans ces moments. Notre vie sociale également. Nous n’avons pas une foule d’amis, mais nous tâchons d’avoir avec chacun d’entre eux une relation profonde, souvent malgré la distance.

Je crois que je n’ai pas toujours été ainsi, mais j’ai besoin d’un peu de solitude pour fonctionner. De temps où je n’y suis pour personne. Heureusement je suis seule plusieurs midis par semaine et ce « sas » me fait beaucoup de bien. C’est l’occasion de faire, même simplement pour un petit moment, ce qui me passionne ou ce qui me détend. En ce moment, le blog occupe une place importante : inspiration, recherches, rédaction, administration du site… J’essaie enfin de garder du temps pour faire fonctionner mes dix doigts autrement que sur un clavier d’ordinateur et pour faire un peu de sport.

24 heures tous les jours

Le temps est la ressource la mieux répartie : on a tous 24 heures dans notre journée, quel que soit notre âge, notre statut social ou notre sexe… Et pourtant chacun a sa façon de le voir et de l’utiliser. Pour ma part, depuis que ma vie s’est remplie d’enfants et de travail (à peu près au même moment d’ailleurs), j’ai tendance à vouloir en tirer le meilleur parti possible. L’organisation et l’optimisation sont devenues, en quelque sorte, un refrain dans mes journées.

Dans mon travail et dans la gestion de l’intendance, j’ai essayé de trouver les méthodes les plus efficaces, les astuces pour gagner quelques instants. Au départ, c’était un jeu : chercher le chemin le plus court, la séquence de tâches qui me permettrait de gagner quelques secondes. Puis c’est devenu un réflexe et, insidieusement, un souci de ne pas perdre du temps, une pression constante. Chaque minute devrait avoir un but précis et un certain rendement. Sans vraiment le réaliser, je considérais le temps passé à ne rien faire de « productif » comme perdu. Avec la culpabilité qui va avec.

Prendre le temps et l’apprécier

Aujourd’hui, je lutte contre moi-même pour respirer un peu plus, pour ne pas courir entre la voiture et le portail de l’école (si si !), pour prendre le temps… J’ai beaucoup de chemin à faire. Ce qui m’empêche d’avancer, c’est tout ce que je voudrais faire ou apprendre : découvrir la couture, reprendre le yoga, refaire des maths (oui, je peux être bizarre parfois, mais en ce moment j’ai vraiment envie de me prendre la tête sur des problèmes de maths bien abstraits)…

Je crois qu’il faut que je fasse le deuil de tout cela, au moins pour quelques années. Parce que, même si toutes ces choses me font envie, je connais mes priorités et, pour le moment, elles n’en font pas partie. Un jour, la vie se calmera un peu, les enfants vont grandir et quitter la maison. Et les circonstances peuvent changer, on ne sait pas de quoi la vie est faite…

En attendant, je tâche de m’en tenir à ce que je peux raisonnablement faire sans regrets et sans culpabilité. De prendre le temps de vivre. De regarder mes enfants grandir et devenir de belles personnes. D’apprécier le temps qui m’est donné plutôt que courir après. J’avance parfois à tâtons, je teste des chemins…

Si vous aussi vous luttez contre le temps, ça me consolerait de le savoir. Vous pouvez laisser un commentaire ici ou un petit message sur Facebook. Pour être sûr(e) de ne manquer aucun article, inscrivez-vous à la newsletter.

Portez-vous bien,

Ernilie signature

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5 Replies to “Mon rapport compliqué avec le temps”

  1. je cours moi aussi après le temps, mais à l’impossible nul n’est tenu, peut être faut-il de temps à autre lâcher prise et se laisser porter par le temps plutôt que de courir derrière lui ! Un exercice difficile quand on a mille choses à faire et des projets plein la tête !

  2. Après longue réflexion et mûrissement du sujet, je te réponds enfin. J’ai un rythme de vie assez fractionné, parce que j’ai une activité relativement calme au travail (je fais du support, donc quand tout fonctionne je n’ai pas une grosse charge de travail), mais très intense à la maison (s’occuper des enfants, rangement, ménage, cuisine, etc). Du coup, je me retrouve complètement dans ta description du « temps contraint ». Je me retrouve aussi dans le soucis d’optimiser mon temps, afin qu’en un minimum de temps je fasse un max de tâches ménagères (même si j’avoue n’avoir jamais couru du portail à la voiture ^_^ ).

    Ma difficulté est de pas réussir à faire coïncider mon « temps choisi » avec les moments où je pourrais faire ce que j’ai à cœur en ce moment. Parce qu’au final j’ai pas mal de temps choisi : au travail quand personne n’appelle au secours, les soirs à partir de 22h-22h30. Mais ce ne sont pas à ces moments-là que je peux faire du boucan bricolage : couper des carreaux, scier une planche, donner des coups de marteau, etc. Et les moments où je pourrais le faire se trouvent (trop souvent à mon goût) « mangés » par des obligations, comme un rendez-vous médical, un match d’un enfants, un non-on-ne-fait-de-bruit-le-dimanche (entente tacite entre voisins), un repas en famille où les fameux devoirs samedominical des enfants.

    Je n’ai pas à me plaindre ceci dit, parce que je peux laisser vadrouiller mon esprit en journée, et lire/jouer à l’ordinateur le soir, Je suis juste frustré de ne pas avoir de temps pour une certaine activité, que j’ai à cœur en ce moment. Reste, comme tu le dis si bien, à l’accepter sans regrets et sans culpabilité.

    PS: si, je teste une technique en ce moment : je me mets des évènements « bricolage » dans mon calendrier, pour essayer de me réserver des moments sans qu’ils soient phagocytés par le reste ^_^

    1. Merci Zebora d’avoir pris la peine d’écrire ce long message.
      Je me retrouve tout à faire dans l’astuce que tu donnes. D’ailleurs ça pourrait bien se retrouver dans un prochain article !

  3. […] moments avec ses enfants, faire du sport… J’ai déjà écrit sur le temps, notamment dans cet article, mais c’est un sujet qui me tient à cœur. En effet, j’essaie modestement (ou pas […]

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