Une grenouille dans une casserole

Il y a une image que j’emploie souvent, car elle me semble très révélatrice de nos comportements. Je l’appelle le principe de la grenouille. On peut la trouver sous différentes formes sur le web. La légende urbaine veut que, si on plonge une grenouille dans l’eau bouillante, elle saute pour se dégager de la casserole. En revanche, si on met la grenouille dans l’eau froide et qu’on allume un feu doux, la grenouille va cuire sans tenter de s’échapper.

Je tiens à préciser que :

  1. Je doute de la réalité physiologique de cette affirmation.
  2. Je ne mange pas de grenouilles.
  3. Je n’ai jamais expérimenté la cuisson de grenouille, vivante ou non, à feu doux ou dans l’eau bouillante.

Ceci dit, nous sommes souvent les grenouilles de la fable.

Quand la température monte

Tout d’abord, quand un changement arrive lentement, nous avons du mal à réaliser que les choses évoluent. Ce n’est que quand la situation atteint un point critique que, brutalement, notre conscience s’en empare. Notre entourage est alors très surpris de cette réaction que souvent personne n’a vu venir.

Ensuite, il arrive qu’on réalise très bien qu’une situation se dégrade. Mais, comme la grenouille de la fable, on se dit qu’on a survécu jusque-là et qu’on supportera bien un degré de plus. Comme le personnage Hubert dans le film « La Haine » qui raconte :

C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute il se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

Hubert Koundé, La Haine (1995), écrit par Mathieu Kassovitz

La seule façon se sauter de la casserole avant  qu’il ne soit trop tard, c’est de prendre du recul. Analyser la situation, son évolution, mais surtout l’effet qu’elle a sur nous. Quand on fait cet effort, on se rend bien souvent compte que nous avons déjà encaissé bien plus que nous le réalisions jusque-là. Dans le prochain article, je vous expliquerai comment un simple cahier peut vous aider à faire ce chemin.

Dire « oui » nous engage

Dire « oui » peut aussi faire de nous des grenouilles. Ça commence souvent de façon toute à fait innocente. Untel nous demande de faire une petite chose pour lui. Évidemment on accepte. Par gentillesse. Parce que c’est une si petite chose. Puis Untel nous demande à nouveau de le faire. Et on accepte, parce qu’on avait dit « oui » la première fois. A ce moment-là, une spirale se met en place. Et Untel va nous demander de plus en plus de choses, naturellement. Et on aura beaucoup de mal à dire « non », parce qu’on a dit « oui ». Ce phénomène, l’engagement, est très utilisé par les vendeurs peu scrupuleux. Cette théorie est très bien décrite dans un bouquin qui se lit facilement et que je vous recommande : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens.

Alors il faut apprendre à dire « non », c’est sûr. Mais je ne vous engage pas forcément à refuser de donner du sel à la voisine d’en face qui vient vous en demander parce que sa salière est vide et qu’il est huit heure du soir. Mais peut-être que si c’est la troisième fois de la semaine et que vous sentez que c’est difficile de la renvoyer à sa cuisine les mains vides, vous penserez à la grenouille. Et à toutes ces situations, moins évidentes, où il faut finir par dire « non » ou finir cuit(e). Peut-être même que, ce jour-là, la voisine repartira quand même avec votre boîte de sel d’avance. Parce que ce que ses enfants mangeront aura un peu plus de goût grâce à vous.

Bref, dites « oui » ou dites « non », mais faites-le en maîtrisant votre choix.

Portez-vous bien !

Ernilie signature

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